• Les Colibris

    Les Colibris"Le superflux est sans limite et sujet à frustrations; alors que l'essenciel est limité".

    Pierre Rabhi



    Tous candidats pour 2012 ???

    Ne nous trompons pas: "Les Colibris" ne sont pas uniquement ceux qui "portent en eux les solutions", mais aussi ceux qui ne veulent pas de politique, car, disent-ils, la politique est "néfaste et vaine".

    Cette défiance, pas nouvelle mais toute particulière, pour les politiques est portée par Pierre Rabbi qui n'a "pas grand chose à dire" aux candidats car la politique "n'est pas en phase avec l'évolution de l'histoire".

    Il constate "une infantilisation du système politique qui prétend vouloir régler les choses", que "Le monde est trop complexe aujourd'hui pour croire qu'il suffit d'hommes providentiels pour lesquels voter" mais "il nécessite, aujourd'hui, un véritable génie, c'est à dire quelque chose qui outrepasse  les capacités humaines".

    On comprends alors que pour Pierre Rabbi (qui dit avoir appartenu à l'Islam, avoir appartenu au Christianisme et maintenant, n'appartenir à plus rien), cette "chose" ce "génie" est : "l'amour". "c'est le message fondamentale du christianisme (...) la seule énergie capable de changer le monde ".

    J'ai, très tôt, adhéré pleinement aux constats de Pierre Rabbi, à ses postures très simples et évidentes que, conditionnés que nous sommes, nous avions oubliées. Comprendre que l'indispensable est défini et que le superflu est sans limite. Envisager de lâcher nos certitudes pour des hypothèses. Vivre en harmonie avec la réalité qui nous entoure …

    Pour autant !

    Mettre sa confiance au seul génie possible qu'est l'amour pour régler les dysfonctionnements de notre société abîmée est, soit folle, soit mystique. Balayer d'un revers de la main notre système de la gestion de la cité en prétendant « réinventer le système politique » est soit utopique, soit démagogique .

    Colibri met en avant la somme des bonnes intentions, des postures et des bons gestes individuels en "se déconnectant du monde tel que je ne l’aime pas" disait l' auditrice naturopathe. Se déconnecter, se mettre au vert ; mais quand le journaliste demande comment doit-on, alors, vivre en ville, la réponse est hésitante, inexistante. Par ce que la politique est la science de la cité, et que dans un système interdépendant, seul l'urbanisme et les politiques qui l'insuffleront pourront changer les choses.

    « Tous candidats en 2012 » est un non sens, une pirouette intellectuelle qui, de fait, déprécie les candidatures effectives.  Faire partie du politique c'est « faire partie du problème », les seuls changements possible et « je resterai en maîtrise » sont « les changements que je porterai moi même » nous dit le directeur de l'ONG  Colibri. C'est évidemment une fausse vision que d'entrevoir les élections comme un « transfert de notre responsabilité à une personne, qu'on espère, une fois tout les cinq ans » de dire « aujourd'hui, les hommes politiques, aussi volontaristes et de bonnes volontés soient-ils, ne peuvent pas changer les choses »

    Pourtant, je suis totalement en accord avec Pierre Rabbi : « Si l'être humain ne change pas, la société ne peux pas changer » en effet c'est bien à l'être humain de changer pour pouvoir changer la société, et non à la société de changer l'être humain et le politique est le vecteur de se changement !

    Par son romantisme, le mouvement "Colibris" détourne des vrais enjeux; à tout candidat, son programme, quel est le programme du mouvement Colibris?

    " à se réaliser plutôt qu’à faire carrière - se soucient des autres, de la nature - cherchent à résoudre leurs problèmes personnels pour améliorer la société - sont non-violents - pensent le monde comme un tout et plus comme un puzzle morcelé - aiment les cultures et les échanges - veulent prendre le temps de vivre et ne sont plus prêts à sacrifier leur famille, leur santé, pour gagner leur vie à tout  prix - préfèrent regarder les problèmes comme une occasion de comprendre et de créer du neuf - savent que pour transformer la société il faudra sans doute faire tomber des barrières et apprendre à travailler ensemble - chacun à sa juste place - sentent que féminin et masculin doivent s’équilibrer - imaginent que l’argent pourrait redevenir un moyen d’échanger nos richesses plutôt qu’un instrument de pouvoir et de domination- rêvent et agissent - s’insurgent et trouvent des solutions - ne font pas de clivages entre ville et campagne, entre modernité et tradition, mais cherchent à rassembler ce que l’humanité a de meilleur, au profit de tous - se sentent responsables de leur vie et de l’impact qu’ils ont sur le monde - prennent du temps pour aimer, admirer - se relier à eux, aux autres, à la nature et prendre soin de la Vie sous toutes ses formes."

    Cette somme de réelles bonnes intentions et bonnes postures en est surprenante d'évidence et de consensus. Le discours continue ainsi:

    "Certains s’appellent entre eux colibri", (...) Dans certains endroits, ces colibris se regroupent, (...), inventent de nouvelles façons de vivre ensemble, (...), de se nourrir,(...) ils offrent une attention immense aux enfants, (...), expérimentent d’autres façons de prendre des décisions collectivement, cessent de travailler pour vivre mais s’épanouissent dans des activités qui les font vivre, qui ont du sens pour eux et pour la communauté dans laquelle ils grandissent, (...) Peut-être même êtes-vous l’un d’entre-eux?"

    Probablement, je vois le mal partout, mais cela frôle le discours sectaire, et qui devient usurpateur lorsque le mouvement dit:

    "Réunissons-nous sur nos territoires pour préparer des feuilles de route à l’échelle locale, et engager des projets de transformation concrets : cantine bio, création de ceintures maraîchères, AMAP, monnaie locale, plans de descente énergétique...."

    Ne nous trompons pas, ce sont bel et bien des initiatives citoyennes qui existent déjà, qui sont alimentées par des dynamiques associatives et soutenues par les politiques!

    Que vaut cette rhétorique d'être candidat, et de mener une campagne en refusant l'engagement politique, puisque "c'est de lui que vient le mal (P.R)" ? Cela n'a aucun sens et ne ressemble qu'a une pirouette intello-artistique, un happening brillant et culotté qui aurait été réjouissant et bénéfique s'il avait su ne rester que cela.

    Nous sommes, tous, bel et bien dans une dynamique citoyenne, ne tombez pas ce piège négationniste. Reportez-vous, pour mieux comprendre et juger, à l'intervention de Pierre Rabbi sur France Inter et ..... allez voter!

    http://www.franceinter.fr/emission-service-public-la-sobriete-heureuse


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